Pourquoi laisser couler une ressource vitale et de plus en plus coûteuse ? Avec les systèmes de récupération des eaux de pluie, il est possible de réaliser de substantielles économies … et de préserver la planète.

Quoi de plus logique aujourd’hui que de récupérer l’eau de pluie ? Cette ressource vitale a en effet vu son prix quasiment doubler ces dix dernières années. En France, le prix moyen du m3 s’établit ainsi aux alentours de 3€, le budget eau moyen d’une famille de quatre personnes atteignant quelque 450€ annuels. La ressource est donc coûteuse… mais aussi quasiment illimitée et gratuite lorsqu’elle tombe du ciel.

Installer un système de récupération semble donc une évidence : on considère en effet qu’une toiture de 100m2 permet de récupérer chaque année de 60 à 80m3 du précieux liquide. Un chiffre éloquent en regard de la consommation moyenne des Français, de l’ordre de 150 à 300 litres par jour et par personne ! Car l’eau captée pourra ensuite être utilisée pour différents usages domestiques extérieurs : arrosage du jardin, lavage d’un véhicule… Et dans certains cas, elle pourra même alimenter un lave-linge ou des sanitaires. Autant de litres gratuits qui n’alourdiront pas la facture !

Un fonctionnement très simple

L’eau de pluie est bien sûr captée via la toiture. Ensuite, elle est canalisée vers les gouttières – équipées au préalable de crapaudines évitant le passage de déchets (comme les feuilles mortes) – grâce à un système de dérivation, installé sur les différentes pentes du toit. Elle transite alors par un système de filtration, qui, le cas échéant, est doté d’une grille (amovible pour permettre un nettoyage régulier) composée de mailles de moins de 5mm qui stoppe les éléments fins. L’eau est stockée dans une cuve, enterrée ou non, puis est emmenée dans le réseau de distribution par une pompe.

Deux solutions sont alors possibles : si l’eau n’est utilisée que pour l’arrosage du jardin, une pompe simplement immergée dans la cuve suffira, mais si l’eau est destinée à alimenter des sanitaires ou un lave-linge, il faudra privilégier une pompe électrique.

Dans ce dernier cas, la pompe doit être dotée d’un disconnecteur pour que les eaux de pluie n’aillent pas dans le réseau d’eau potable. Efficaces, des centrales automatisées existent sur le marché, gérant l’ensemble du dispositif et basculant sur le réseau d’eau de ville si la cuve est vide.

Bien choisir sa cuve

Récupération de l'eau pluviale Gettyimages©Photo-Concepts
Récupération de l’eau pluviale Gettyimages©Photo-Concepts

Élément essentiel, la cuve stocke l’eau captée sur les toits. Deux types de matériaux sont utilisés, chacun présentant des avantages.

La cuve en matériaux de synthèse, légères, sont stables, résistantes, faciles à installer et à entretenir. Seul bémol, elles sont d’un volume limité mais peuvent cependant être montées en série. En hors sol, elles devront être vidées quand arrive l’hiver.

Pesant plusieurs tonnes, les cuves en béton sont quant à elles plus difficiles à installer et nécessite le plus souvent l’intervention d’un professionnel, ce qui peut éventuellement entraîner un surcoût potentiel. Mais l’avantage, c’est que le béton adoucit l’eau de pluie en neutralisant son acidité naturelle, la rendant ainsi moins corrosive pour la cuve et les canalisations. Ce type de cuves est le plus souvent enterré : invisibles, elles sont aussi mieux protégées contre le gel et le soleil.

Pour déterminer leur volume, plusieurs paramètres sont à prendre en compte : la pluviométrie de la région (information disponible sur www.meteofrance.com), la surface de captage disponible, la consommation d’eau du foyer, l’utilisation prévue de l’eau collectée …

Les systèmes de filtration

Pour un usage sanitaire de l’eau de pluie récupérée, un système de filtration complet et efficace doit être mis en place. Plusieurs options sont possibles :

  • L’osmoseur solution la plus efficace, il élimine 99% des bactéries, virus et éléments nocifs (polluants inorganiques,amiantes, chrome, cuivre, nitrates, sels …) en faisant passer l’eau, à forte pression, à travers une membrane qui retient les impuretés.En général, on le place sous l’évier grâce à des kits relativement simples à mettre en oeuvre. Mais son coût est plus élevé que les autres systèmes de filtration et il devra être contrôlé régulièrement par un professionnel.
  • Le stérélisateur UV peu coûteux mais moins efficace que l’osmoseur, il élimine que les bactéries contenues dans l’eau (microbes, virus, algues, moisissures). Il est facile à installer (sur une canalisation).
  • Le filtre à céramique s’installant sur l’arrivée d’eau du robinet à traiter, il est composé d’un pré-filtre (à changer tous les ans), d’un filtre céramique d’une porosité inférieure à 1μ et d’un filtre à charbon actif.
  • Le filtre à charbon actif surtout destiné à éliminer les mauvaises odeurs, il débarrasse toutefois l’eau de certains polluants (pesticides et hydrocarbures notamment). Il nécessite un changement régulier des cartouches.
Cuves de récupération des eaux de pluie www.simop.fr
Cuves de récupération des eaux de pluie www.simop.fr

Des règles à respecter

Depuis 2009, installer un dispositif de récupération des eaux pluviales implique une déclaration en mairie, qui transmettra ensuite la demande à la DDASS départementale. Certaines règles doivent impérativement être respectées : les eaux de pluie n’étant pas de la même qualité sanitaire que les eaux potables, il est impératif de séparer les deux réseaux. À l’intérieur des bâtiments, les canalisations de distribution d’eau de pluie doivent être clairement identifiées par une plaque indiquant « eau non potable ». De même, le réseau « eau de ville » doit être repéré.

Par ailleurs, il est nécessaire d’installer certains équipements de sécurité (disconnecteur notamment), d’assurer un entretien régulier de l’installation et de faire établir une fiche de conformité par un spécialiste… Les modalités d’utilisation de l’eau de pluie sont explicitées dans l’arrêté du 21 août 2008, publié au JO n°0201 du 29 août 2008.

Le crédit d’impôt

Jusqu’au 31 décembre 2012, l’ensemble des produits et équipements (crapaudines, filtration, cuves …) destinés à la récupération des eaux pluviales était éligible au crédit d’impôt, à un taux de 15%. En 2013, installer un tel dispositif devrait toujours permettre de bénéficier d’un crédit d’impôt, dont le taux risque toutefois d’être revu à la baisse.

A retenir !

  • Récupérer les eaux de pluie permet de recycler une ressource précieuse, sans travaux trop complexes.
  • Pour une toiture de 100m2, on estime de 60 à 80 le nombre de m3 récupérés chaque année.
  • En fonction du système choisi et du niveau de filtration, il sera possible d’utiliser l’eau collectée pour un usage extérieur (arrosage, nettoyage…) et/ou intérieur (alimentation des sanitaires, lavage du linge …).